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I. BREF HISTORIQUE DU CEPAB

Le CEPAB, Centre de Promotion des Artisans de Bafoussam, a été créé depuis le 30 juin 1990, des mains de maître de feu Mgr André Wouking. Depuis lors, le CEPAB a eu pour mission fondamentale, la sensibilisation, l’animation et la formation des artisans. A cette époque, le Diocèse de Bafoussam, à travers la Conférence Episcopale Allemande, avait régulièrement bénéficié des subventions de MISEREOR (conférence épiscopale d’Allemagne), pour mener ses activités et contribuer à structurer le CEPAB.

Le CEPAB dans sa mission, a donc formé plus de 1.000 artisans en gestion d’atelier, conduite de réunion, technique de regroupement, formation des patrons et apprentis, etc. Cela lui a valu une place capitale au sein des Organismes d’Appui aux Artisans du Cameroun pour la mise sur pied du Corps National des Artisans. Dans la même logique, le CEPAB dans sa mission première, a conduit les artisans dans leur démarche vers le regroupement par corps de métiers. C’est pourquoi, autour de l’an 2000, les artisans ont commencé à évoluer en autonomie au sein de la CHART (Chambre des Artisans).

L’autonomie des artisans devenant très concret, le CEPAB a redéfini une autre stratégie d’action, consistant à mettre un accent sur la formation des jeunes artisans. C’est pour cette raison qu’avec le concours de MISEREOR, il y a eu développement des ateliers didactiques qui dès lors, s’évertuent à former les jeunes en mécanique automobile, fabrication mécanique, transformation des produits agro-alimentaires, promotion des matériaux locaux dans l’habitat. La salle d’exposition-vente étant la vitrine artisanale, a servi et continue à servir de courroie de transmission entre les artisans producteurs et les acheteurs.

En 2006, pour renforcer la formation, vu la qualité des équipements et machines appropriées disponibles, le CEPAB a sollicité et obtenu du MINEFOP un agrément, pour devenir ainsi Centre de Formation Professionnelle. Depuis lors, le CEPAB accueille en formation, des boursiers du MINEFOP et des jeunes issus des familles démunies dans les spécialités ci-haut énoncées. La formation est sanctionnée par l’obtention des diplômes de qualification professionnelle, cosigné du Ministre de tutelle et du CEPAB.

Depuis 1994, le CEPAB à travers le DED (Service Allemand de Développement), a mené en collaboration avec Père Bernard Groux, Aumônier de Prison, une étude en milieu carcéral dont le résultat a démontré qu’il faille accorder une attention particulière à l’encadrement des mineurs et femmes détenus à la Prison Centrale de Bafoussam. C’est ainsi qu’en 1995, un projet global du CEPAB mettant un accent sur la formation en vue de la réinsertion sociale des détenus vit le jour. Pour assurer cette formation, 3 collaborateurs ont été recrutés et servent dans ce programme dénommé « Projet Prison Espoir ». C’est un projet très fastidieux, budgétivore et exige même beaucoup de courage et de sacrifice de la part des collaborateurs, pour atteindre les objectifs fixés dans le contrat de partenariat avec MISEREOR, à savoir amener les détenus à accepter leur condition et de s’intéresser aux formations pour faciliter leur réinsertion socio-professionnelle.

Par ailleurs, nous tenons à le dire, le « Projet Prison Espoir » en question est arrivé à son terme le 31 mars 2014 avec toutes ses conséquences. En effet, MISEREOR ayant progressivement réduit la subvention, nous a informés que l’heure était venue pour le Diocèse de prendre le CEPAB en charge à 100%.

Après cette brève présentation de l’historique du CEPAB, nous allons lire dans les lignes qui suivent, les différentes activités qu’il a menées pendant du 30 juin 1990 à nos jours, soit 24 ans de vie.

II. LES ACTIVITES REALISEES PAR PROGRAMME

L’ARTISANAT

En juin 1990, l’artisanat est au seuil du développement intégral de l’homme et de tout homme. Le CEPAB entre en scène par les activités liées à l’animation, à la formation et au regroupement des artisans en vue de leur autopromotion. Ces 3 objectifs se sont concrétisés à travers 4 programmes :

a) SAFA : Sensibilisation, Animation et Formation des Artisans

b) FPTA : Formation, Petites Technologies Appropriées

c) PPFA : Programme de Promotion des Femmes Artisanes

d) PML : Promotion des Matériaux Locaux dans l’habitat

e) Prison Espoir : amélioration des conditions de détention et formation des détenus

Des activités concrètes ont été réalisées à travers les programmes ci-hauts de 1990 à 2007 :

1. PROGRAMME SAFA

- Descentes régulières des animateurs dans les ateliers des artisans pour les sensibiliser et susciter en eux l’esprit d’autopromotion ;

- Identification des problèmes des artisans et formation dispensées en vue de les aider à trouver les solutions à leurs problèmes ;

- Octroi des micro-crédits pour renforcer la capacité de production des artisans ;

- Organisation de 2 éditions de la foire artisanale dénommée FAB « Foire Artisanale de Bafoussam » en 1997 et en 2000 ;

- Appui à la participation des artisans aux foires expositions nationales et internationales ;

- Création d’une salle d’exposition et l’idée de son désenclavement ;

- Participation active dans les réunions des organismes d’appui à l’artisanat ;

- Contribution à la création de la CHART (Chambre des Artisans) et à la mise sur pied du Corps National des Artisans du Cameroun ;

- Formation des artisans sur le montage de micro-projets et la gestion d’un atelier ;

- Organisation de plusieurs voyages d’échange entre les artisans ;

- Appui à la rédaction des statuts et légalisation des groupes (plus d’une vingtaine) ;

- Organisation d’une enquête sur la fiscalité appliquée aux artisans ;

- Création d’une bibliothèque professionnelle (Centre de Documentation et d’Informations).

 

2. PROGRAMME FPTA

Le Programme de Formation, développement des Petites Technologies Appropriées a pour rôle :

• La création des ateliers didactiques pour la formation des artisans et le renforcement de l’autofinancement ;

• Conception, réalisation et vulgarisation des prototypes des machines et autres ouvrages nécessaires pour le développement des ateliers et répondre aux sollicitations des usagers des ateliers.

Ainsi, nous vous présentons ci-dessous les différents ateliers avec leurs réalisations :

a) Le GARAGE DIDACTIQUE

Le garage didactique fonctionne depuis la création du CEPAB. Son rôle dès lors est la formation et le recyclage des patrons de garages y compris leurs apprentis. Cette formation est renforcée par la disponibilité d’un outillage de qualité.

Le DED (Service Allemand de Développement) a évolué jusqu’en 2002 comme partenaire technique auprès de MISEREOR, principal partenaire financier. Le partenariat technique consistait à recevoir les véhicules du DED en réparation et au-delà, former les patrons de garages et certains chefs d’entreprise de la place en mécanique automobile. Le fruit des prestations couvraient une partie de l’apport local exigible par MISEREOR. Les apprentis se formaient au CEPAB dans un système dual. Les formations se déroulaient par modules (approche par compétence) et étaient sanctionnés par la remise des certificats de participations aux bénéficiaires. Fort des formations reçues, les patrons de garages ont trouvé la nécessité de se mettre ensemble pour partager leurs expériences à travers le GMAB (Groupement des Mécaniciens Automobiles de Bafoussam). Ce groupe fut le premier groupe des artisans constitués au CEPAB.

Le garage du CEPAB a ainsi depuis sa création jusqu’à nos jours :

- Assuré la formation des patrons et apprentis

- Offert des prestations de services (réparation automobile, cabine de peinture, tôlerie des voitures et électricité auto).

- Accueilli plusieurs stagiaires académiques

- Assuré la visite et dispensé des conseils en groupe et dans les ateliers des mécaniciens de Bafoussam

Avec l’avènement de la CHART (Chambre des Artisans) en 2000, les artisans mécaniciens comme ceux des autres groupes, sont devenus autonomes amenant ainsi le CEPAB à suspendre son intervention directe auprès d’eux. Dès lors, la politique du CEPAB a été revue et en 2006, le CEPAB a sollicité et obtenu du MINEFOP (Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle), l’agrément lui donnant l’autorisation de prendre en formation, des apprenants bénéficiaires des bourses étatiques et ceux venant des familles.

b) L’Atelier de Menuiserie Bois

En 1998, suite à une campagne de sensibilisation auprès du public et à travers les annonces dans les paroisses, le CEPAB a réussi à organiser une formation spéciale au profit de 6 jeunes filles en menuiserie, ébénisterie et sculpture sur bois. Cette formation était un défi ayant pour objectif de rompre ces croyances qui pensent qu’il y a des métiers réservés uniquement aux hommes. A nos jours, parmi les 6 filles, deux sont chefs d’entreprises de menuiserie et les 4 autres sont mariées ou ont aspiré à la vocation religieuse.  

L’atelier a formé plus d’une cinquantaine de jeunes qui sont aujourd’hui soit insérés dans des entreprises comme techniciens, soit évoluent à leur propre compte.  

c) L’Atelier de Fabrication Mécanique (AFM)

C’est en 1998 que l’atelier a vu le jour. Tout commence par l’acquisition grâce à MISEREOR, d’un tour mécanique, d’une fraiseuse, d’un poste à souder et de petits équipements et appareils. L’objectif de l’atelier étant d’assurer une formation de qualité aux jeunes et de mettre à la disposition des patrons, des outils spécialisés à travers l’activité de location outils, avait aussi pour rôle de vulgariser les petites technologies appropriées au profit des artisans de ce secteur. L’atelier de fabrication mécanique est un atout pour la survie du CEPAB. Les jeunes formés par cet atelier sont capables de fabriquer les machines suivantes :

• La Râpeuse de manioc

• La Laveuse-éplucheuse des racines

• L’extracteur d’amidon de manioc

• La découpeuse de cossettes de manioc

• Des broyeurs mélangeurs de provenderie (Ets Madiesse, Ferme Ecole de Foumbot, d’une structure à Kumbo et à Bamenda…)

• Des tables vibrantes pour production des tuiles

• Des presses à brique (terstaram)

• Des broyeurs de céréales

• Des presses à jus

• Constructions des échangeurs pour séchoirs semi-automatiques

• Etc. 

Comme atelier de formation des apprentis, il accueille régulièrement des stagiaires académiques de l’IUT-FV de Bandjoun ceux venant des autres instituts technologiques du pays.

d) L’Atelier Pilote Agroalimentaire

En 1996, le CEPAB a mis sur pied l’atelier pilote de transformation des produits agroalimentaires. Atelier pilote, parce qu’il devait servir de lieu d’expérimentation afin de vulgariser les résultats des recherches au service de l’esprit d’autopromotion et du développement intégral des personnes désireuses d’évoluer dans ce secteur.  

Progressivement, les équipements (séchoir et machine) nécessaires sont identifiés et réalisés grâce à l’Atelier de Fabrication Mécanique du CEPAB et du programme PML. A travers cet atelier, plusieurs femmes et jeunes se sont formés et se sont appropriées la technique de production des jus de fruits naturels, de transformer des céréales en farine et du séchage des fruits, des légumes et des fines herbes, etc.

Les jus de fruits naturels ont fait l’objet de plusieurs sollicitations des consommateurs à travers les boulangeries, hôtels et les services publics (ministères). L’atelier pilote a participé :

• à plusieurs foires régionales et nationales : Journées CEMAC, foire PROMOTE, Journées Portes Ouvertes diverses, etc.

• plusieurs sélections artisanales organisées par le MINPMEESA (Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et Artisanale) en vue de représenter le département ou la région au Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC).

 Un partenariat a été établi entre le CEPAB et l’Hôpital Régional de Bafoussam à travers un produit phare « la farine et le lait de soja » recommandée aux nourrissons, malades et personnes du 3ème âge.

e) La Salle d’Exposition vente des produits artisanaux

La salle d’exposition vente a été ouverte en 1999 avec deux objectifs premiers :

- Faciliter l’écoulement des produits des artisans

- Etre la vitrine de l’artisanat de la région de l’Ouest

Dans ses activités courantes, elle a :

 - Participé à plusieurs foires : o Foire Régionale de Bafoussam

o Foire Promotionnelle de Tsinga

o Salon International de l’Artisanat du Cameroun où elle a été choisie par le MINPMEESA pour meubler son stand

- Effectué plusieurs descentes sur le terrain dans le but de collecter les objets d’art auprès des artisans de l’Ouest et du Nord-Ouest. pendant ces descentes, elle a toujours prodigué des conseils aux artisans au sujet de l’amélioration de la qualité des produits à exposer en salle.

- Organisé des rencontres d’échange entre les artisans exposants

- La salle est enregistrée dans le fichier des artisans de la Commune d’Arrondissement de Bafoussam II.

- Créé un site internet : pour présenter les produits de la salle et des autres ateliers sur la toile.

 3. PPFA : Le Programme de Promotion des Femmes Artisanes

 Ce programme avait pour rôle de favoriser l’approche genre, en accordant un avantage particulier aux femmes artisanes. Ses objectifs globaux étaient les suivants :

 - Animation des femmes pour réveiller en elles l’esprit d’autopromotion ;

 - Accord des micro-crédits à titre spécial, parce qu’un programme crédit est disponible à tous les artisans sans distinction de sexe, pour aider les femmes à développer les capacités de leurs ateliers et leurs petits projets générateurs de revenus ;

 - Formation des femmes pour renforcer leurs capacités techniques.

 N.B. : ce programme ainsi que le programme crédit étaient arrivés à leur terme avec l’arrêt du financement du principal bailleur de fond.

 4. PML : Programme de Promotion des Matériaux Locaux dans l’habitat

 Le programme PML a démarré en 1999 par une étude socio-économique des systèmes constructifs dans notre milieu avec le partenariat technique du Centre International de la Construction en Terre de l’Ecole d’Architecture de Grenoble (CRATerre-EAG), à travers un séminaire qui a regroupé 31 techniciens (artisans, enseignants de génie civil, cadres des travaux publics, des étudiants et autres techniciens de génie civil) venus de l’Ouest, du Centre et du Littoral. A l’issu de ce séminaire, les conclusions ont été très édifiantes, car les ouvrages en terre dans une technologie bien maîtrisée offrent de multiples avantages par rapport au béton :

- La solidité et la durabilité

- L’esthétique et le confort

- L’économie (les constructions en béton coûtent plus chères que les constructions en terre ; l’utilisation très réduite du fer à béton et du ciment permet la limitation des sorties de devises)

- Les avantages sociaux (la multiplication des emplois, la main d’oeuvre représente 40% au moins du coût des constructions en terre alors qu’elle est de 15 à 20% seulement dans le béton)

Au vu de ces avantages, le Diocèse de Bafoussam a fait de la promotion des matériaux locaux dans l’habitat une option majeure dans les programmes du CEPAB. C’est ainsi qu’en l’an 2000 le PML est devenu une priorité au CEPAB. Les objectifs de ce programme visent :

• La création de plus d’emplois dans le secteur du bâtiment

• La revalorisation de la main d’oeuvre de l’artisan du bâtiment

• La favorisation de l’accès à un habitat sécurisant et confortable à une grande couche de la population

• La favorisation d’une large diffusion de l’enseignement de l’architecture de la terre

Les activités du programme se sont définies et se résument en 3 axes :

a) La sensibilisation

b) La formation

c) La promotion de l’entreprenariat

 

a) Sensibilisation du public et décideurs :

- Organisation des conférences dans plusieurs départements de la région de l’Ouest (Menoua, Noun, Mifi)

- Participation aux journées d’échange de la recherche scientifique avec la MIPROMALO

- Participation régulière aux foires : foire régionale de Bafoussam depuis 2003 ainsi que Promote en 2004 et 2008

- Organisation des Journées Portes Ouvertes en 2001, 2008, 2011 et 2014

- Sensibilisation des établissements techniques sur l’insertion du matériau terre dans les enseignements

 b) Formation

 La stratégie du programme s’appuie sur deux directions :

- Formation des artisans et techniciens de terrain :

- Sensibilisation des établissements techniques et formation des enseignants à plusieurs niveaux

- Accueil régulier des stagiaires académiques

 c) Promotion de l’entreprenariat

- Accompagnement d’un artisan à la reproduction de la presse à briques. A nos jours, cet artisan est devenu célèbre et produit des presses de plus en plus améliorées et pratiques.

- Assistance des artisans dans l’étude et l’élaboration des devis

- Mise à la disposition des artisans de la presse et table vibrante

- Suivi-conseil dans les chantiers

- Création d’un atelier de tuilerie et briqueterie pour renforcer les formations des artisans du domaine

- Construction du dortoir de la Ferme Ecole Diocésaine de Foumbot en mai 2007

- Partenariat avec le MUPROF dans la construction des habitats sociaux à Yaoundé, qui a valu la visite du Ministre du Développement Urbain et de l’Habitat lors de la journée mondiale de l’habitat le 1er octobre 2007.

- Avec la MIPROMALO, nous avons engagé un processus de réflexion pour étudier la stratégie de mise en application de la circulaire du Premier Ministre datant de mars 2007, recommandant fortement l’utilisation des matériaux locaux dans les bâtiments publics jusqu’à R+1 et une conférence a été organisée en septembre 2007.

- Participation active dans l’adoption de la norme camerounaise des BTC en partenariat avec la MIPROMALO

- Grâce à la Chaire UNESCO, nous avons obtenu l’insertion d’une unité de valeur en architecture à l’université de Dschang.

- Nous avons participé à la restauration du patrimoine culturel de la Chefferie Bafut par la réfection de 18 toitures en tuiles de terre cuite.

 Conclusion partielle

 En résumé à cette partie, le programme de promotion des matériaux locaux (PML), à travers ses différents axes d’interventions, a permis la réalisation des chantiers de grandes envergures tant par le CEPAB que par les artisans formés dans le secteur public que privé et a donné l’occasion aux décideurs étatiques de mesurer son importance dans l’habitat social. Il est à noter que tous les entrepreneurs formés à ce jour ont des réalisations partout sur le territoire national et que les constructions en BTC et TMV vont croissant.

5. Le Programme « PRISON ESPOIR »

Dans le but d’étendre la formation en milieu carcéral, le CEPAB a initié la formation des mineurs en mécanique automobile à la Prison Centrale de Bafoussam en 1994, sous la supervision de Père Bernard Groux, alors Aumônier de Prison du Diocèse de Bafoussam. Au fil du temps, le CEPAB a monté un projet global sur la prison. Avec la caution de Père Bernard, le DED a pour le décollage, financé le recrutement d’un expert local qui devait s’investir dans cette activité afin de permettre de confirmer les études faites. L’expertise ayant abouti, en 1996, le projet a été présenté à MISEREOR pour financement avec pour objectif : Mesure d’encadrement et d’amélioration des conditions de détention en faveur des mineurs et femmes détenus de la Prison Centrale de Bafoussam. Depuis lors, le programme a fonctionné suivant 3 objectifs spécifiques qui sont :

a) La formation

b) Le suivi pendant et après la prison

c) La réinsertion socio-professionnelle

En effet, la formation consiste à préparer et à dispenser les cours par modules aux détenus mineurs (Mécanique auto et menuiserie Ebénisterie) et femmes (couture, tricotage, économie sociale et familiale et développement des petites technologies appropriées). La finalité de la formation étant de préparer les détenus à une réinsertion sociale après leur libération.  Quant au suivi, il consiste à établir la relation entre le détenu et le monde extérieur aux rangs desquels leurs familles et les ateliers devant les accueillir pour le prolongement de leur formation après la libération. Enfin, la réinsertion socio-professionnelle vise à insérer effectivement le groupe-cible dans le monde professionnel où ils deviennent eux-mêmes maîtres de leur destin. En bref, l’objectif ici vise l’épanouissement des bénéficiaires en milieu carcéral tant sur le plan psychologique que psychosomatique. Ainsi, nous pouvons retenir que depuis la mise en route du projet jusqu’à nos jours, le programme a :

 - Formé au moins 600 mineurs en mécanique auto, au moins 400 en menuiserie bois et au moins 300 femmes, soit un total d’au moins 1.300 bénéficiaires formés.

- Equipé les 3 spécialités en outils, petites machines et matériels didactiques nécessaires pour la formation à la Prison.

- Donné un appui matériel à l’installation des détenus devenus patrons ainsi que ceux insérés en ateliers de perfectionnement

- Réconcilié les détenus libérés avec leurs familles.

- Organisé des voyages d’échange dans les prisons de Bamenda, Douala, Buéa et Yaoundé ainsi que dans d’autres organismes du même genre (Foyer St Nicodème, etc.)

- Installé au moins 77 mécaniciens auto, 77 menuisiers bois et 58 femmes qui aujourd’hui évoluent comme patrons d’entreprises et dans des activités génératrices de revenus en vue de leur autoprise en charge.

6. LA FORMATION APPRENTIS

La formation apprenti est en cours au CEPAB depuis sa création. Elle couvre l’Atelier de Fabrication Mécanique, le Garage Didactique, l’atelier pilote Agroalimentaire, les ateliers de Tuilerie et de Briqueterie. Toutes ces formations ont été toujours sanctionnées d’une attestation de fin de formation jusqu’à l’avènement du MINEFOP (Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle) qui, dans le souci de formaliser et de valoriser la formation professionnelle, a structurée les formations en programme bien défini. A la fin de chaque formation, le candidat devra ainsi être soumis à l’examen national en vue de l’obtention du Diplôme de Qualification Professionnelle (DQP).  Depuis la création du CEPAB, nous pouvons relever pour le féliciter,

• La formation complète de plus de 500 jeunes qui aujourd’hui sont de parfaits opérateurs économiques ;

• La présentation d’environ 40 candidats aux examens nationaux ou supervisés par le MINEFOP ;

• La facilitation de l’insertion socio-professionnelle de certains apprentis après leur formation. Ainsi certains sont insérés à leur propre compte, d’autres sont retournés à l’école ou recrutés dans les entreprises, et d’autres encore ont réussi aux concours administratifs ;

Bref, la formation dans son origine vise à :

• Donner une chance aux jeunes de se former afin de pouvoir s’insérer facilement dans le monde de l’emploi pour une auto-prise en charge

• Contribuer à la réduction du chômage et lutter contre la délinquance juvénile

• Permettre aux jeunes de gagner leur vie en devenant des hommes responsables

 

III. LES DIFFICULTES RENCONTREES

Aucune oeuvre humaine n’étant parfaite, le CEPAB a rencontré quelques difficultés majeures tout au long de son parcours dont voici quelques-unes :

- La vétusté des équipements

- Enclavement de la salle d’exposition

 - Conflits d’intérêts entre les artisans

 - Faible capacité d’autofinancement des ateliers didactiques

 - Le CEPAB est peu connu par l’ensemble du Diocèse

 - La réduction des effectifs des apprenants

 IV. PLAN D’ACTION

 L’homme appelé à espérer, se confie toujours à la providence. C’est pourquoi, face à ces difficultés, le personnel prévoit comme activités futures :  De parcourir les paroisses du Diocèse à travers les rencontres décanales pour informer les prêtres, religieux, religieuses et laïcs des activités du CEPAB ;

De toujours satisfaire ses usagers

De rester ouvert à tout partenariat dont l’intérêt final viserait à mettre l’homme debout

De renforcer l’activité de formation des jeunes ainsi que des relations avec le MINEFOP et le FNE

V. CONCLUSION GENERALE

 Arrivé au terme de cette présentation globale des activités du CEPAB de la création jusqu’à nos jours, nous nous rendons compte évidemment que beaucoup de choses ont été faites pour mettre l’homme debout et l’aider à subvenir à ses besoins fondamentaux. Toutefois, nous devons reconnaître que l’oeuvre commencée par le CEPAB mérite d’être encouragée, car il s’avère qu’il y a toujours des besoins à satisfaire, notamment ceux de la couche carcérale de la Prison Centrale de Bafoussam qui restent dans la soif du CEPAB qui vient de suspendre son intervention à cause de l’insuffisance des moyens depuis le 31 mars 2014 prochain.

 Fait à Bafoussam, le 06 avril 2015

 Pour le CEPAB,

 Le Directeur,

 TENE LAZARE